La Suisse, l’UE et la guillotine

Le 9 février 2014 risque de faire date dans l’histoire de la politique suisse et européenne. Le peuple helvétique a accepté, par une étroite majorité, une initiative visant à limiter l’immigration en instaurant des contingents, y compris pour les citoyens membres de l’Union Européenne. Cette décision va l’encontre de l’une des clauses principales que la Suisse a accepté il y a une quinzaine d’années de cela avec les accords bilatéraux, celle de la libre circulation des personnes. Une clause dite “guillotine” a été mise en place lors de la signature du traité, stipulant que si l’un des 7 accords venait à tomber, il entraînerait automatiquement avec lui tous les autres.
C’est le risque qu’a pris le peuple Suisse en votant pour cette initiative, bien que la menace de la guillotine ait fait partie des principaux arguments de ses opposants. Aujourd’hui ceux-ci se voient reproché par certains leur manque d’investissement dans la campagne contre l’initiative, même si la réaction prédominante semble être l’acceptation de la voix du peuple, et la nécessité d’aller de l’avant pour trouver une solution aux problèmes que cette décision pourrait poser avec Bruxelles.
Car la réaction européenne ne s’est pas faite attendre, et ses dirigeants voient d’un mauvais œil la décision suisse, tout en se gardant bien de ne pas remettre en cause la souveraineté du pays. Le lendemain déjà, les réactions se faisaient entendre, et pour la plupart moins clémentes que ce que l’on avait prévu. On parle de cherry-picking, d’accords à la carte, de fromage à trous, et la plupart des députés sont d’accord sur un point : la Suisse ne peut pas garder juste ce qui l’arrange, on accepte tout ou on accepte rien.
La réaction peut se comprendre. En Europe les tensions sont grandissantes au sujet de l’immigration, beaucoup de pays membre aimeraient trouver une solution, Royaume-Uni en tête, les partis de droite de toutes parts saluent l’initiative suisse et appellent à la prise d’exemple. Une des solutions pourraient être de faire du cas Suisse un exemple, montrer que l’on ne bafoue pas impunément les principes fondamentaux qui font la force de l’UE. La peur étant que dans le cas contraire, si la Suisse peut instaurer des quotas, la France, le Royaume-Uni et autres viendraient avec la question : “pourquoi pas nous ?”
L’UDC, unique défenseur de son initiative, affirmait que les négociations avec l’UE ne poseraient pas de problèmes majeurs en cas d’acceptation, malgré tout ils sont les seuls à y croire en ce moment. A présent le Conseil Fédéral s’empare du problème, avec pour objectif de préserver autant que possible les accords bilatéraux dans la concrétisation de ce texte.

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